Agression de Romain, le climat de haine LGBTIphobe doit cesser !

4 Nov

Discours interassociatif du 3 novembre 2018, rassemblement “Rouen: non à la haine !”

“Merci à toutes et tous d’avoir répondu à notre appel pour dire NON à l’Homophobie sous toutes ses formes, à la violence grandissante partout en France et NON aux discriminations quelles qu’elles soient !
Comme vous l’avez sûrement appris, dans la nuit du 24 au 25 octobre, Romain, un jeune homme homosexuel a subi une agression et une séquestration d’une violence que nous ne pouvons que fermement condamner. Le caractère homophobe de cet acte odieux est incontestable.
Malheureusement, nous ne sommes pas surpris.e.s de cette agression. Elle n’est pas un événement isolé : Elle vient s’inscrire dans une série beaucoup trop longue d’agressions, particulièrement envers les personnes bisexuelles, transgenres, lesbiennes ou gaies.
Elle vient également s’inscrire dans un contexte sociétal de libération de la parole LGBTIphobe, climat initié par la Manif pour Tous en 2013.
Elle vient s’inscrire aussi dans un climat de violences institutionnelles, où des couples homosexuels sont discriminés à l’adoption, se voient refuser l’accès à la PMA, où les personnes trans peinent à faire respecter leur identité dans les administrations françaises, où les personnes intersexes sont mutilées dès le plus jeune âge, bien avant d’être capables d’exprimer leur volonté.
La violence, les discriminations, la LGBTIphobie s’expriment dans tous les aspects de nos vies, que nous marchions dans la rue, souhaitions fonder une famille, trouver un emploi ou un logement ou consulter un médecin.

Si nous nous rassemblons aujourd’hui, c’est d’abord en soutien à Romain, mais aussi pour tous.tes les autres. C’est en souvenir de Vanessa Campos, travailleuse du sexe trans assassinée en août. C’est en soutien à toutes les personnes intersexes mutilées dont nous ne connaissons pas le nom. Toutes les personnes LGBTI insultées, frappées, moquées, discriminées, par leurs proches, par leur employeur.euse, leurs collègues, leurs camarades de classe, leur médecin ou leur prof. C’est en pensant à tous.tes les jeunes mis à la rue, parce que leur identité de genre ou leur orientation sexuelle ne convient pas à leur famille.
C’est pour tous.tes celles et ceux qui se voient considéré.e.s comme des sous-êtres humains, parce que leur personne, leur individualité ne correspond pas à des normes : couleur de peau, taille, poids, religion, origine ethnique…

Nous nous rassemblons pour exprimer un ras le bol. Cette violence directe et indirecte, permanente et insidieuse, doit cesser. Nous n’en pouvons plus.
Nous tous, aujourd’hui réunis, avons pris conscience de la situation de peur que chacun.e. peut ressentir, et nous apportons une réponse citoyenne forte par notre présence ! Cette chaîne que nous avons formée est un acte fort !

Au delà de nos différences, nous nous sommes donnés la main pour affirmer que le bien vivre ensemble est possible et voulu par les citoyens, les êtres humains.
Nous demandons à l’État d’assurer la sécurité de tous ! Nous l’exhortons à ne plus maintenir et entretenir ce climat en refusant des droits à certains de ses citoyens, en ne formant pas ses personnels à l’accueil et l’accompagnement des personnes LGBTI, en n’écoutant pas les revendications des associations.
Nous dénonçons la position des médias, qui relaient encore et toujours la parole des anti-mariages pour tous, des anti-PMA, des xénophobes… qui banalisent les discours LGBTIphobes dans l’espace public, qui ne donnent jamais la parole aux femmes ou aux personnes trans, premières concerné.es par la PMA.

Nous demandons des sanctions pour toutes les personnes publiques qui diffusent quotidiennement des messages haineux qui incitent à la violence !

Nous demandons que les réseaux sociaux soient surveillés et impliqués dans la lutte contre les discriminations !

Nous dénonçons également les choix du corps médical, qui se permettent mille et une violences sur les corps qu’iels jugent hors-norme, ceux des personnes intersexes et des personnes trans.

Nous demandons que tous les ministères renforcent l’information mais aussi la sensibilisation contre les discriminations et notamment dans le milieu scolaire et les établissements publics !

Nous demandons que justice soit rendue et la réelle application des peines à la hauteur des crimes et délits.

Nous dénonçons l’absence globale de prise en compte et de reconnaissance de nos vécus.

Tant que nous ne serons pas écouté.es, nous verrons d’autres Romain être agressés, d’autres Vanessa être assassinées, d’autres personnes être victime de la lâcheté et de la cruauté d’autres qui se sentent agir en toute impunité dans notre société.

Il est grand temps que nos voix portent et que nous soyons réellement écouté.e.s, que les valeurs d’égalité, de liberté et de fraternité redeviennent une priorité dans notre pays.

Cosignatures :
Le centre LGBTI de Normandie, Gay’T normande, Laisse Bien Ta Gaieté, GETIN, AIDES Normandie